De l’EPArpillement

17

19 octobre 2012 par audece

D’abord, l’ivresse est retombée. J’ai eu mal au crâne comme après 3 jours de fête ininterrompue, je me suis sentie épuisée comme un enfant qui a veillé trop longtemps pour jouer avec toutes ses merveilles de Noël. Après dix jours à rebondir comme un kangourou entre toutes les ressources, je crois comprendre que si « le noyage » cher à Dave Cormier est utile, c’est pour amener à la conclusion de la nécessaire organisation : la preuve par l’expérience, le résultat par l’expérimentation. Ou peut-être est-ce juste ma problématique personnelle du moment.

Je me suis mise au régime, survolant ça et là les productions des participants, sans en retirer autre chose que la confirmation de mon retard par rapport à ceux qui avançaient bien mieux que moi. Je me suis mis en état de stress. Je ne suis pas restée totalement inactive, mais je n’ai rien produit, rien qui ne soit publiable. Finalement, j’aurais mieux fait de me déconnecter totalement et d’aller m’aérer.

J’ai testé avec enthousiasme de nombreux outils, j’ai lu, souvent en diagonale, j’ai emmagasiné des documents à consulter, des productions de participants à regarder de plus près, j’ai débuté des collaborations, je me suis laissée distraire par Twitter, par une traduction collaborative avec Framasoft, j’ai regardé une présentation par l’intervenant de la semaine, Jacques Cool… bref, j’ai continué à rebondir, en dépit (à cause?) de l’alarme incessante « tu dois t’organiser, tu dois t’organiser! ».

Pourtant pressée par l’urgence, j’ai écrit et posté hier soir un autre article ; toujours pas d’EPA en vue. Avec Stefan, nous avons testé deux supports pour le lexique collaboratif, j’ai lu les articles conseillés et commencé cet article.

Je connais mon fonctionnement quelque peu chaotique. Du chaos naît l’idée, de la multitude d’idées surgit l’illumination (plus modestement la bonne idée, la soudaine certitude d’avoir trouvé, compris quelque chose, d’avoir saisi un fil). Du chaos naît aussi l’ordre, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Mon EPA est en construction : le choix des outils s’affine, le réseau humain se forme grâce aux collaborations sur des projets, des debriefs, des échanges de commentaires sur les blogs. J’ai appris à lâcher prise, à ne pas culpabiliser de ne pouvoir tout lire. Je rêve d’un bureau bien rangé, où tout est indexé, classifié, où tout est à sa place, mais finalement, je ne me sens à l’aise que dans l’éparpillement.

Publicités

17 réflexions sur “De l’EPArpillement

  1. lau972 dit :

    Eparpillement, oui, et EPA est dedans !
    Bravo pour test framapad, je compte vous rejoindre (yapluka, la todo liste s’allonge…)

    J'aime

  2. ton billet est parfait ! 🙂 En tout cas j’ai un ressenti proche du tien en ce qui concerne la découverte chaotique et le besoin de s’organiser ensuite. La seule méthode que je connaisse pour cela est, 1ère étape, de transformer mes interrogations en mots, (ou en cartes mentales) pour les « objectiver » comme on dit. … et de publier ce que j’ai pondu pour que d’autres réagissent, critiquent, suggèrent, ou profitent de ce que j’ai mis en mots.
    Merci donc pour ton billet de blog très parlant 🙂
    Le blog que j’alimente sur mon parcours ITyPA : http://cmooclepagegilles.blogspot.fr/

    J'aime

    • audece dit :

      Que de bienveillance! Parfait, certainement pas, car insuffisamment synthétique et il m’a fallu réduire l’article d’origine de moitié sous peine d’article indigeste. Tu me rassures sur la méthode : quand je vois ce que tu arrives à faire, je me dis que je parviendrai bien un jour à être plus performante. L’interaction nous fait avancer. Merci pour tous les outils que tu testes et pour nos collaborations!

      J'aime

  3. E Sinet dit :

    Des débutants … Voilà ce que nous sommes. Je prends le risque de généraliser. Nous tâtonnons, nous n’avons pas de cockpit d’apprentissage, et même quand nous l’aurons affiné, il faudra le modifier pour sortir de sa zone de confort … Il nous faudra de l’expérience pour gagner en efficience : les premiers tours de roue en voiture sont difficiles, il faut tenir le volant, le levier de vitesse tout en ne mélangeant pas le frein et l’accélérateur. Puis après quelques années, y’en a même qui envoient des tweets sur l’autoroute :-))
    On y arrivera !

    J'aime

  4. isagr dit :

    Hello j ai beaucoup aimé et ton article et son titre. Ca m’a fait penser à ça L’ordre et le désordre en enseignement (mais on peut aussi l’appliquer â dans les apprentissages dans notre cas) http://ow.ly/1P3QvG toujours très bonnes références Marcel Lebrun, la suite c’est la mayonnaise 🙂

    J'aime

  5. Bonjour Deborah,

    Certes, les morceaux de « Lego » viennent envahir notre esprit et peuvent mettre des nuages autour de notre intention première d’adhésion à ce programme. Toutefois, il est possible de tout remettre les morceaux dans la boîte.

    Retour à l’idée première. Comme participant, je suis venu pour améliorer mes connaissances et compétences personnelles sur une intervention de masse qui vise l’amélioration des compétences. Vu de l’intérieur, comment un MOOC peut-il développer des connaissances communes?

    À cet égard, je choisirai des outils qui viseront l’atteinte de ce résultat. Ils seront différents des autres participants…Je n’utiliserai pas tous les morceaux du « Lego »…je discuterai avec certains participants…je ferai du recensement de texte…je ferai des séjours en « sérendipiité » sur l’internet…je commenterai les billets… je serai actif sur certains forums et je produirai un document d’analyse personnel que je publierai peut-être.

    En essence, j’ai une intention, un environnement d’apprentissage personnel et des activités. En cours de route, j’évaluerai où j’en suis et ferai les ajustements à mon environnement du moment.

    J’essaie de garder cela simple, sans faire simple (Stupide)

    Salutations!

    J'aime

    • audece dit :

      Bonjour Jean-Claude et merci pour votre commentaire rassurant. J’aime bien votre synthèse et l’analogie avec les Lego. A vrai dire, cet article a été publié alors que j’étais sortie de la confusion. Il me paraissait malgré tout intéressant de le publier comme une trace de mon parcours. Avez-vous un espace où l’on peut vous lire? A très vite.

      J'aime

  6. […] est capital de déconnecter.. Comme le note Audece, le MOOC ItyPA peut être chronophage et anxiogène. Pourtant, ni l’univers, ni notre petite vie […]

    J'aime

  7. Verlenne dit :

    Ah ! Chouette de te lire. Encore une fois je me sens en parfaite résonance avec toi, de Moockita à Moockita emportées dans le tourbillon du chaos créateur.
    Si l’on ne plonge pas dans le chaos, impossible d’en ressortir. Telle est mon expérience. Et pourtant je me surprends souvent à vouloir fuir ou abréger cette période de foisonnement chaotique des projets débutants.
    C’est comme dans les amours débutantes : on a la pêche, on passe des nuits en tête à tête (avec le PC…), mais vient un temps où malgré les hormones de l’enthousiasme, la fatigue prend le dessus.
    J’ai moi aussi cessé de produire depuis quelques jours pour fixer mes objectifs et organiser mon EPA. Résultat : 2 cartes mentales que je n’arrive pas à exporter Grrr!

    Mais bon, « Chi va piano va sano », comme on dit.
    Et « Qui veut voyager loin, ménage sa monture ».

    Prenons soin de nos neurones 😉

    Véronique

    J'aime

    • audece dit :

      L’exaltation est épuisante et ne peut être notre seule composante. Alterner temps d’enthousiasme et temps de recul est une autre manière de concevoir l’équilibre.
      Se connaître est une clé pour y parvenir, mais ces satanés outils qui ne veulent pas fonctionner comme on l’entend, ah ça, non!

      J'aime

  8. plerudulier dit :

    Reblogged this on ITyPA.

    J'aime

  9. stefan dit :

    C’est bien de passer après « la vague », on bénéficie aussi des commentaires.
    Ton billet est comme une chronique à la radio ça file… et hop le kangourou:)

    J'aime

    • audece dit :

      Je crois me souvenir de Christine Vaufrey disant que les commentaires étaient aussi importants que les billets.
      Elle me plaît beaucoup ton analogie avec la radio; allez, la prochaine fois, podcast!

      J'aime

  10. […] avec une jolie illustration. Il faut lâcher prise et accepter d’avancer à son rythme: dixit Audece. Et pour finir un post intéressant sur ce qu’est […]

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

linumer

Livres, numérique et mer

Inclusion-Blog des AESH

Des infos, des témoignages

Stéphane ARNIER, auteur

Une page, des feuilles, du café

Les enquêtes philo

Un carnet de dialogue philosophique

Le blog de la Formation professionnelle et continue

Actualité de la formation professionnelle, cpf, pédagogie, social learning, formateur, digital learning.

Time to Learn

Apprendre à apprendre

Archives masala

Culture numérique bien épicée

Manon Silvant

Keep MOOCing Forward

%d blogueurs aiment cette page :